| Quels sont les enjeux du festival? |
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Écrit par Administrator
Dimanche, 17 Mai 2009 19:01 |
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Le FALCO se déroule dans un contexte très inquiétant: sous-représentation littéraire de la femme, taux très élevé de l’échec scolaire, baisse de la pratique de la lecture, analphabétisme culturel caractérisé, esprit villageois montant. Beaucoup d’initiatives en matière de théâtre, de musique, de danse, de peinture et de littérature existent mais restent à l’état embryonnaire, et grandement peu valorisées. Les instruments de musique traditionnels tels le gamboussi (luth), le Ndzendze (dérivé du valida malgache), le Ndzoumara (sorte de hautbois ou cornemuse) etc. commencent à s’éclipser, ceux qui les jouent sont quasiment invisibles, leurs pratiques marginalisées, et leur militantisme culturel ignoré. Le théâtre, un domaine relativement développé mérite beaucoup de considération. Les contes et les légendes, genres qui constituent le noyau de la littérature jeunesse disparaissent.
Cet état de fait laisse présager un déclin culturel, ou un abandon de la culture. Au contraire, il y a malgré cet état alarmiste, des forces de résistance culturelle portées par des associations de jeunes, comme Massanpaga qui essaie de préserver les danses anciennes quasiment négligées. Les actions de ce groupe s’inscrit dans ce que l’on pourrait appeler le développement culturel. Il essaie de promouvoir les identités régionales, qui malgré l’unité culturelle qui caractérise l’identité comorienne existent des spécificités locales qui ne constituent pas un défaut d’unité mais une richesse de cette culture commune. Cet état de fait d’inertie artistique et littéraire peut réconforter les habitudes, emboiter le pas vers l’approfondissent artistique, entrainer à une situation de fragilité jusqu’à un état de crise durable si ces mouvements de résistance culturelle engagés à la base et peu visibles sur la scène nationale ne bénéficient pas d’un espace d’expression et de visibilité très grande.
Le Festival a vocation à devenir donc un outil de promotion, de visibilité de rencontre entre les associations culturelles au service de la jeunesse, permettant de faire reculer la baisse de la lecture et l’analphabétisme culturel, et de promouvoir la femme dans la littérature ainsi que la langue française, langue de l’enseignement, vecteur de réussite scolaire.
Des enjeux artistiques ambitieux doivent également se dégager. Nous essayons de donner à lire la création musicale et artistique dans leur diversité et leur mouvement. De lutter contre un cloisonnement excessif de la littérature qui conduit à un certain isolement des autres formes d’inventions artistiques. Ainsi, même si le livre est au cœur de l’événement mais c’est l’ensemble des œuvres d’art que nous voulons promouvoir. La présence du groupe Massanpanga, qui représente le pôle de la danse traditionnelle montre que nous voulons valoriser et conserver les danses anciennes. Dans le droit fil de nos partenariats avec Théâtre de Djumbé, le compositeur Boléro, l’acteur musical de rue, Mwegne Madi et joueur de Ndzendze un instrument menacé à disparaitre, le cinéaste Ahmed Ali, nous voulons poursuivre notre exploration de la littérature dans ses relations avec le théâtre, le chant, la danse, et le cinéma.
Enfin, un festival tient une place spécifique de rencontres culturelles. Aux Comores, le village est le cœur de la culture comorienne. Il organise seul ses activités, coordonne ses animations mais construit une étanchéité assez grande aux différentes identités villageoises ou régionales. La scène culturelle villageoise n’a jamais été chargée d'échanges. Cet esprit doit peut être évolué, au fil de temps. Nous aimerions que le FALCO soit perçu comme un moment intense de rencontre et de communication. Chaque danse d’une région, chaque instrument musical d’une île, chaque concert, chaque spectacle, chaque association, raconte une histoire, témoigne d'un engagement. Notre rôle est simplement de relayer cette diversité, valoriser cette richesse et en donner l’importance.
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| Quel est le thème du Festival? |
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Le Festival des Arts et des Lettres des Comores, premier événement culturel grand public organisé aux Comores par les éditions De La Lune en partenariat avec Kalamu des îles, est un grand rendez-vous culturel. L’amour du livre est le thème choisi pour ce festival.
Cette édition, plus que jamais ouverte sur des horizons plus larges, aura le plaisir d’accueillir écrivains, artistes, chercheurs, éditeurs, libraires, mais aussi des poètes d’expression française. Le public découvrira à Moroni une riche diversité des arts et des idées.
Convivial, tous les arts s’y rencontrent, toutes les idées s’y échangent, tous les lecteurs s’y partagent leurs passions. L’amour du livre, les goûts des arts, le plaisir de lire. Lire, voir, écouter, toute une communauté des goûts culturels se rencontre pendant trois jours pour échanger le meilleur d’elle-même dans l’amitié, tout naturellement.
Djamal MSA ALI
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| Pourquoi un Festival des Arts et des Lettres des Comores? |
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Ce projet fait suite aux différentes activités littéraires entreprises par l’Association De La Lune sous la responsabilité de Djamal Msa ALI. De La Lune s’est mis à organiser des cafés littéraires à Paris, Lyon et Marseille en collaboration avec les éditions Kalamu des îles et ce, au rythme de deux cafés littéraires par an depuis 2006. Ces cafés littéraires ont eu des résultats très positifs et stimulants: une participation massive du public, impact littéraire et engouement pour la littérature, qui s’observent à travers les encouragements que nous recevons et les demandes nous suggérant d'amplifier les espaces d’expressions littéraires etc.! Et cela contribue à alimenter notre volonté à multiplier les rencontres littéraires en France, à les diffuser sur les sites de partages vidéo.
En fin 2008, nous avons fait un café littéraire à Levallois-Perret, en présence du philosophe comorien et directeur de l’école Muigni Baraka, Monsieur Ismael Ibouroi. Il nous a recommandé de renforcer ces espaces, et d’organiser le retour de ces créations à Moroni, « parce que c’est là où ce travail formidable, disait-il, doit être fait.»
De là, nous avions d’abord pensé organiser le 7 eme café littéraire à Moroni. Mais au cours des réflexions, nous nous sommes penchés sur le projet d’un Festival, de ne pas prendre en compte de la dimension littéraire uniquement mais d’envisager un grand événement culturel qui a vocation à réunir, pendant trois jours, les acteurs littéraires et artistiques appartenant au domaine du théâtre, de l’art plastique, de la photographie, du cinéma, de la recherche, de la musique et bien sûr, de la littérature. Par des tabes rondes, des rencontres d’auteurs, des ateliers d’écriture et de lecture pour enfants et adultes, des représentations théâtrales, des concerts, des expositions, des remises de prix littéraires etc., nous souhaitons éveiller l’intérêt culturel du plus grand nombre. Nous souhaitons faire de ce Festival un espace de rencontres entre les associations culturelles, un espace où le livre aura sa place, les arts leur reconnaissance. Un lieu d’expression pour les créations d’enfants qui leur permettra de rencontrer des artistes et devenir eux-mêmes des acteurs culturels.
Le festival constitue donc un événement majeur, un sursaut culturel pour la jeunesse comorienne. Le FALCO est un projet porté par des jeunes formés en France, impliqués dans les activités culturelles, qui ont décidé de faire une escale, qui ne signifie pas un retour au bercail, puisque le but de ce grand événement est de constituer un pont entre les acteurs culturels comoriens de France et les acteurs comoriens locaux pour que la culture soit reconnue comme un élément incontournable pour le progrès d’un pays comme les Comores. Aussi, sur place, l’équipe de l’Association de La Lune tend à créer une antenne locale dont la principale mission sera de recueillir contes et légendes de la littérature orale comorienne afin de conserver, sur un support écrit et numérisé, ce patrimoine culturel en voie de disparition.
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